Syndicat des Instituteurs et Professeurs des Écoles. Section de la Somme
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CTSD du 8 février 2021 : déclaration liminaire de la FNEC FP-FO
Publié le 11 février 2021 | Le SNUDI-FO 80

Monsieur l’Inspecteur D’Académie, Mesdames et Messieurs les membres du comité technique spécial départemental,

Dans le cadre de la grève du mardi 26 janvier 2021 au sein de l’Education Nationale, une immense colère s’est exprimée à travers la France.
Dans le premier et le second degré, de nombreux personnels ont fait grève voulant ainsi manifester leur exaspération, leur fatigue, leur désarroi, et réaffirmer leurs exigences.
Les personnels étaient en grève, parce que, après dix années de gel du point d’indice, après les remarquables capacités d’adaptation, le dévouement et l’engagement dont ils ont fait preuve depuis le premier confinement, la pseudo « revalorisation » proposée par le Grenelle de l’Education apparaît comme une provocation.

Depuis de longs mois, ils remplissent leurs missions dans de difficiles conditions. De plus, dans le cadre de l’état d’urgence, ils font face à la succession d’ordres et de contre – ordres, annoncés trop souvent en tout premier lieu par les médias.
Pour exemple, au mois de décembre 2020, le gouvernement et son conseil scientifique décident de changer les règles de fréquentation de l’école au dernier moment sans demander l’avis de personne et sans anticiper son impact. Les personnels apprennent ainsi, par voie de presse, qu’ils devraient faire preuve de « tolérance » pour permettre aux élèves de se confiner afin de participer aux fêtes de Noël en compagnie de leur famille. Ces mêmes familles ayant donc un blanc-seing pour mettre ou ne pas mettre leurs enfants à l’école, au grand dam des enseignants pris de cours.
C’est une nouvelle illustration de la conception de l’école que cherche à imposer la présidence Macron à la faveur de la crise, une école à la carte où la décision politique peut supplanter les cadres et les règles nationales, du jour au lendemain. C’est le fait du prince.
L’existence même des organisations syndicales, le paritarisme et les libertés d’expression qu’elles défendent sont menacées. Les dispositions contenues notamment dans la proposition de loi « sécurité globale » et les décrets « sécurité intérieure » font écho à la loi de transformation de la fonction publique qui vise à marginaliser les syndicats. Elles tendent à faire taire toute contestation ou revendication. A contrario, dans le même temps le gouvernement n’a pas confiné sa politique de destruction des acquis sociaux, des droits et garanties collectives et des services publics.
La véritable sécurité, c’est la satisfaction des revendications urgentes et la préservation des services publics et des statuts. C’est surtout l’abandon définitif des contre-réformes gouvernementales. Tout cela exige le retrait de l’ensemble les lois et décrets liberticides du gouvernement.
Le ministère a présenté le 16 décembre la dotation 2021 pour le premier degré. Les 10 postes affectés à notre département sont largement insuffisants.
En effet, les orientations ministérielles suivantes sont, de facto, consommatrice de postes : - dédoublements des classes de grande section en REP+ à la rentrée 2021, - poursuite du plafonnement des effectifs à 24 élèves par classe en CP et CE1 hors éducation prioritaire ; - décharges de direction supplémentaires qui n’amélioreront le sort que d’un directeur sur trois !

Que restera-t-il pour :
- faire baisser les effectifs dans toutes les classes qui ne sont pas en REP de manière significative ?
- assurer le remplacement des personnels en congé ?
- renforcer et compléter les postes d’enseignants spécialisés des RASED ?
- affecter à tous les directeurs des temps de décharge à la mesure de leurs besoins ?

Nous constatons que le gouvernement n’a pas jugé opportun de tenir compte dans le budget de l’Éducation Nationale du contexte sanitaire et social que nous subissons depuis le mois de Mars 2020.Les apprentissages des élèves, et plus particulièrement des plus fragiles, ont été affectés par la situation qui a touché notre pays. D’après Fabienne Rosenwald, inspectrice générale de l’INSEE, on observe une baisse du nombre d’élèves de CP ayant une maîtrise satisfaisante, quel que soit le domaine.

Le budget 2021 tourne le dos à toutes les revendications exprimées par les personnels et amplifie les attaques contre l’École et les statuts.
La dotation des postes de l’académie pour la rentrée 2021 ne permettra pas d’améliorer les conditions de travail des personnels et la qualité de l’enseignement pour les élèves, bien au contraire !
Il eut été essentiel que les marges liées à l’évolution démographique aient donné lieu à l’amélioration des conditions de travail là où elles s’avèrent indispensables. La baisse des effectifs par classe est le premier des gestes barrières.
C’est pourquoi, monsieur l’Inspecteur d’Académie, nous avons porté à votre connaissance les éléments justifiant trois demandes d’ouvertures de classes (Victoria à Villers Bretonneux, Plachy-Buyon et Aimé Merchez à Ailly sur Somme).
Nous déplorons et dénonçons aussi les 40 fermetures de classes, y compris dans des écoles en REP (5 dans le Ponthieu Marquenterre, par exemple). Dans le même temps, les 10 ouvertures liées aux dispositifs des établissements en REP + continuent, déshabillant l’un pour habiller l’autre, et portent de nouveau un coup violent aux écoles rurales.
Or, ce mercredi 3 février 2021, lors des questions au Sénat, Mme Nathalie Elimas, secrétaire d’état à l’Education Prioritaire s’est exprimée, au nom du ministre de l’Education Nationale en annonçant :
« Depuis la rentrée 2020, aucune fermeture de classe ne s’est faite dans les communes de moins de 5 000 habitants sans l’accord du maire. Il n’y a pas de raison que cela change. Le travail fin est en cours avec tous les élus en ce sens. »
Interrogée par un journaliste, elle confirme après la séance : « nous ne fermons ni école, ni classe dans les petites villes de moins de 5 000 habitants sans accord du maire. » 
Monsieur, l’IA DASEN, nous espérons que cette annonce de la secrétaire d’Etat sera respectée dans le département d’autant plus que la situation sanitaire n’a pas évolué depuis l’année dernière.
Nous regrettons aussi que les documents préparatoires soient plus succincts que les années précédentes. Par ailleurs, ils ne présentent pas, pour une école, deux moyennes bien distinctes : une moyenne des classes à effectifs réduits et une moyenne des classes hors effectifs réduits. Nous vous l’avions déjà demandé... Cette distinction nous permettrait une analyse plus fine et pointerait les déséquilibres des effectifs de chaque classe au sein d’un même établissement (exemple l’E.E Condorcet à Amiens).
Nous reviendrons sur le cas de certaines écoles.

De plus, les syndicats de notre Fédération, la FNEC-FP-FO, sont saisis, dans le département de la Somme, par de nombreuses situations révélant une importante dégradation des conditions de travail et une usure psychologique de l’ensemble des personnels.
Pour exemple, des enseignants ont été contactés la veille des vacances de Noël par leur circonscription. Il leur était demandé s’ils acceptaient de reprendre leur travail en janvier alors qu’ils étaient en ASA personnel vulnérable…
Enfin, la FNEC FP FO réaffirme le rejet des plans Français/Maths. La profession l’a exprimé clairement, par la prise de position en intersyndicale des 408 signataires de la motion sur ce sujet. Elle en demande la suppression comme elle n’a cessé de le faire depuis leur mise en place.
Cette auto - formation laisse supposer que les enseignants du premier degré, dont certains ont des années de pratique derrière eux, sont incompétents dans l’apprentissage du Français et des Mathématiques auprès de leurs élèves. Le ministère pose donc le constat que les personnels ont besoin d’une formation dans ces matières afin de se remettre à niveau. C’est inadmissible et doit être dénoncé. Les enseignants revendiquent de réelles formations choisies sur le principe de leur liberté pédagogique. Il est aussi fort dommageable de contraindre les enseignants à y participer dans une période de pandémie où ils ont bien d’autres choses plus urgentes à traiter et où les brassages sont à éviter.

Face à ce mépris et compte tenu de l’urgence des revendications, face à un ministère et des autorités de l’Éducation nationale qui refusent de les entendre, la FNEC FP-FO réaffirme :

 La REVALORISATION du point d’indice et l’AUGMENTATION générale des salaires ;
 Le REJET du Grenelle de l’Education et l’abandon du projet de le loi Rilhac ;
 Le RESPECT et la VALORISATION du professionnalisme des enseignants et des personnels qui ont su faire face à la crise sanitaire et à des conditions de travail fortement dégradées, avec courage, bon sens et détermination ;
 La BAISSE significative des effectifs par classe partout, même hors métropole amiénoise et REP+ ;
 L’ABANDON des suppressions de postes et la CREATION de tous les postes nécessaires au bon fonctionnement des écoles, établissements, réseaux d’aide spécialisés et services ;
 Le RECRUTEMENT massif et urgent des personnels, l’OUVERTURE et l’ABONDEMENT des listes complémentaires ;
 L’ABROGATION de la loi de transformation de la fonction publique et des Lignes Directrices de Gestion ;
 L’ABANDON de l’auto – formation contrainte que constituent les plans Français/Mathématiques et les constellations qui y sont associées, prolongation néfaste de PPCR ;
 La DEFENSE des statuts et le RETABLISSEMENT du baccalauréat fondé sur des épreuves terminales, nationales, ponctuelles et anonymes, garantes de la valeur nationale du diplôme et de l’égalité des candidats face à l’examen, ainsi que le rétablissement de tous les cours en présentiel à l’université .

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Bulletin d’adhésion SNUDI FO 80 2021
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